Du 16 au 22 août 2026, une trentaine d’étudiants et de jeunes professionnels belges et français ont largué les amarres en Bretagne Sud pour un camp inédit, mêlant voile et prière.
Trois voiliers (Aster, Matisse et O Mallet), trois équipages, trois prêtres et un couple accompagnateur à bord : la formule tient en peu de mots, mais elle a laissé des traces. Beaucoup n’avaient jamais tenu une barre, et certains arrivaient sans connaître personne. Novices ou marins confirmés, les participants ont navigué de mouillage en mouillage, partant du port du Crouesty vers l’île d’Hoedic, de Belle-Île à Groix et des Glénans à Sainte-Marine. Chaque jour, le cap était fixé avec les skippeurs, selon la météo et l’humeur du vent.






« C’était intense et assez sportif, de la vraie navigation, pas la petite sortie du dimanche ! », témoigne une participante. Il y a eu des rafales à 27 nœuds et une longue houle entre Groix et Bénodet. Surtout, il y a eu une navigation de nuit escortée par des bancs de dauphins, que presque tous citent comme le sommet de la semaine.
Marin expérimenté, le père Enguerran, prêtre de l’Emmanuel et co-initiateur de Sail & Pray dès 2015 lorsqu’il était séminariste à Bruxelles, avec Maunoir, était le chef de cette flotille 2026 : « Nous avons vécu une magnifique semaine bien équilibrée. Chaque jour était vraiment très beau et unique ».
À bord, les journées cherchaient un équilibre entre navigation et vie spirituelle : laudes et Évangile le matin, messe chaque soir, louange et confession. S’y ajoutaient des temps de silence face à l’horizon et une veillée d’adoration aux Glénans restée dans toutes les mémoires. « Trop bien d’avoir un prêtre par bateau : ça permet de vraiment vivre des moments spi toute la journée », souligne un équipier. Un autre évoque « des messes sur le monde qui magnifient la création et la beauté des voiliers, alors utilisés comme des autels ».
Mais c’est la fraternité qui revient le plus souvent, nourrie de soirées d’équipage, de chants marins et de fous rires. « Chaque équipage était une famille », confie Jacques Galloy, coordinateur de cette édition et qui participait avec son épouse Laurence, couple de l’Emmanuel et accompagnateurs. Une jeune femme, venue sur un coup de tête, renchérit : « Je n’ai jamais autant ri en une semaine de ma vie. » Et une dernière de conclure : « J’ai appris à voir en la nature la création de Dieu. »



